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Investisseurs et marché sous perfusion

J'étais frappé hier devant l'argent qui allait se mettre à travailler. Intrigué j'interrogeai donc dès ce matin, mon moteur de recherche sur le thème " informations financières" pour faire le point en la matière.

La première réponse proposée est un communiqué de l'AFP à New York dont le premier paragraphe est suffisant pour revenir à « ce que parler veut dire » dont nous discutions hier. J’en reproduis le texte  ci-dessous au cas où le renvoi automatique ne fonctionnerait pas.

« 26 mai 09:00 - NEW YORK (AFP) - Une rafale de données économiques s'abattra sur Wall Street la semaine prochaine, qui pourrait réserver quelques surprises aux investisseurs, dans un marché maintenu sous perfusion à coup d'acquisitions de sociétés. »

Certes, la rafale qui s'abat sur Wall Street et le marché maintenu sous perfusion peuvent avant tout être considérés comme des images. Mais dans la société visuelle qui est la nôtre, elles véhiculent sans aucun doute un message qui les dépasse.

Insensiblement, l'usage de mots qui font référence au vécu quotidien des hommes, contribue à donner vie à la réalité économique. Il y a un parallélisme certain dans nos inconscients, entre un marché maintenu sous perfusion menacé par une rafale qui va s'abattre sur lui et un proche que nous avons vu sur son lit d'hôpital face à la maladie qui le mine.

Mais au delà de cette validation inconsciente des constructions du monde économique, se profile une question plus fondamentale qui s'origine dans l'utilisation du mot investisseur.  C'est que  nous découvrons petit à petit que nous ne disposons que de vieux mots - travail, investisseur,  mais aussi, mariage, divorce, religion,  nation, ... -  pour parler des formes nouvelles que prennent les choses par et dans nos pratiques au jour le jour.

Car un investisseur n'achetait pas pour revendre et prendre son bénéfice le plus rapidement possible sans aucune autre considération quant aux conséquences de ses décisions. Un investisseur mettait à disposition des moyens pour produire et développer. Ce qui avait pour conséquence, outre sa juste rémunération, d’enrichir l'ensemble de l'activité.

Décidément, il serait donc utile de retrouver un consensus sur le rapport entre les choses et les mots qui les désignent. Même s'il est toujours correct, pour parler des nouveaux investisseurs, d'utiliser de vieux mots : chez eux, l'appât du gain prend souvent la place de l'esprit d'entreprise.

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