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  • Heiligendamm : la fascination de la force

    Si le G8 - qui se réunit du 6 au 8 juin sur les bords de la Baltique à Heiligendamm - aboutit à un dispositif de lutte contre le réchauffement de la planète à la mesure de celui qui est mis en place contre la chaleur d'éventuelles manifestations, on pourra sans doute dire que le monde à fait un pas décisif dans la bonne direction.

     Une clôture - on peut en voir une photo dans l'information reprise par MSN - haute  de 2,5 mètres et surmontée par des barbelés, encercle la station interdite à toute circulation sauf pour les porteurs de "badges" filtrés aux deux postes de contrôle. On en a contesté le prix : 12.500.000 Euros !

    Les moyens humains ne sont pas moins impressionnants. Selon un article du journal Le Monde, près de 16 000 agents de police ont été requis et environ 1 100 soldats seront à leur côté pour sécuriser l'espace aérien et le front maritime et assurer des missions de ravitaillement ou de transport.

    Sans suivre aveuglément ceux qui voient resurgir la Stasi, ne vaudrait-il pas la peine de tenter de reconstruire des rapports humains dont la peur et l'illusion de pouvoir tout maîtriser par la force  ne seraient pas les seuls fondements ?

    D'autant que, pour paraphraser Jacques Leclercq, la seule chose que l'on puisse vraiment prévoir sans risquer de se tromper, c'est qu'il se produira de l'imprévu !

     

     

     

  • Une éthique à la mode cybernétique

    " Inventons alors une éthique à la mode cybernétique. ... Suivant les enseignements obtenus au cours de leur évolution, infléchissons en temps réel nos décisions, en pratiquant la prudence du pilote. A la barre, il gouverne le vaisseau suivant ses intentions ou celle de la collectivité dont il exécute le dessein, mais en tenant compte sans cesse des réactions de la houle, du vent, de la tenue du bâtiment, de sa danse avec la lame, de l'humeur de l'équipage et de l'age du capitaine... »

    Il y a sans nul doute une sagesse nouvelle et supérieure dans l'idée de corriger nos décisions pour tenir compte des leçons issues de leur mise en œuvre. On apprend qu'en faisant, aimait répéter mon grand-père

  • Suicide concerté : ultime expérience de partage?

    Florence et Christine, 14 et 15 ans, étudiantes fréquentant la même classe à Ajaccio, ont fait jeudi dernier les choux gras des journaux télévisés et de la presse en sautant  de la fenêtre de leur appartement respectif  pratiquement simultanément.

    Et les sites de ces médias reprennent les multiples réactions qui témoignent du désarroi personnel et collectif qu'engendre ce geste si peu conforme au politiquement correct et au socialement attendu ou au moins, espéré.

    Tout le monde cherche une raison qui rendrait compréhensible ce saut dans le vide, qui ferait rentrer ce refus de vivre dans les modèles de vivre-ensemble qui nous gouvernent.

    Le pouvoir judiciaire examine l'hypothèse d'un éventuel jeu  de défis morbides tels qu'on peut dit-il, en trouver dans les blogs des collégiens et lycéens sur Internet. Les psychiatres pointent le "couple narcissique" typique entre adolescentes de 14 à 16 ans ou une forme d’épidémie qui caractérise la démarche de suicide. Les statisticiens rappellent que chez les  15-24 ans, le suicide est après les accidents de la route, la deuxième cause de mortalité, soit 600 à 650 décès par an pour la France. Et on a appris ce soir qu'une des deux adolescentes faisait l'objet d'un suivi pédagogique récemment décidé par la Justice, en complément d'un suivi psychiatrique ancien.

    Ces efforts pour trouver à tout prix une explication qui nous rassure paraissent pourtant dérisoires et fondamentalement remis en question par la réaction d'une femme qui est passée par ce chemin : "Mais qu’est-ce que ça m'énerve d'entendre "jeux morbides"  quand on  entend des adolescents se suicider ! C'est pathétique et trop facile ! Essayer de les comprendre au moins !  J'ai failli vivre la même histoire et ce n'est pas pour un jeu morbide à la *** !  Mon meilleur ami n'allait pas bien, il se coupait, moi, j'étais au bord du suicide, on s'est toujours dit qu'on ne se laisserait jamais tomber l'un l'autre. " Tu sautes, je sautes": "Tu te tues, je me tue". C'était pareil,  on était tellement proche, on se comprenait tellement, on avait connu les mêmes galères d'ados et d'enfance pourrie. Impossible de laisser l'autre se tuer. C'était soit on vivait tous les deux, soit on mourrait tous les deux. A plusieurs reprises j'avais tenté de me jeter sous une voiture, mais il était là pour me retenir. Lui se coupait profondément. Mais on a survécu ensemble".

    Devant ce cri de Marie qui habite Saint Vivien de Blaye - je crois juste de rendre hommage à son témoignage - il nous faut apprendre, avant et pour éclairer nos analyses objectives et savantes, à rencontrer sans a priori cette réalité et à nous laisser faire par ce qui la fonde. Florence et Christine voulait peut-être partager une fois au moins l'expérience qu'on peut compter radicalement l'un sur l'autre et l'un pour l’autre.

     

  • Investisseurs et marché sous perfusion

    J'étais frappé hier devant l'argent qui allait se mettre à travailler. Intrigué j'interrogeai donc dès ce matin, mon moteur de recherche sur le thème " informations financières" pour faire le point en la matière.

    La première réponse proposée est un communiqué de l'AFP à New York dont le premier paragraphe est suffisant pour revenir à « ce que parler veut dire » dont nous discutions hier. J’en reproduis le texte  ci-dessous au cas où le renvoi automatique ne fonctionnerait pas.

    « 26 mai 09:00 - NEW YORK (AFP) - Une rafale de données économiques s'abattra sur Wall Street la semaine prochaine, qui pourrait réserver quelques surprises aux investisseurs, dans un marché maintenu sous perfusion à coup d'acquisitions de sociétés. »

    Certes, la rafale qui s'abat sur Wall Street et le marché maintenu sous perfusion peuvent avant tout être considérés comme des images. Mais dans la société visuelle qui est la nôtre, elles véhiculent sans aucun doute un message qui les dépasse.

    Insensiblement, l'usage de mots qui font référence au vécu quotidien des hommes, contribue à donner vie à la réalité économique. Il y a un parallélisme certain dans nos inconscients, entre un marché maintenu sous perfusion menacé par une rafale qui va s'abattre sur lui et un proche que nous avons vu sur son lit d'hôpital face à la maladie qui le mine.

    Mais au delà de cette validation inconsciente des constructions du monde économique, se profile une question plus fondamentale qui s'origine dans l'utilisation du mot investisseur.  C'est que  nous découvrons petit à petit que nous ne disposons que de vieux mots - travail, investisseur,  mais aussi, mariage, divorce, religion,  nation, ... -  pour parler des formes nouvelles que prennent les choses par et dans nos pratiques au jour le jour.

    Car un investisseur n'achetait pas pour revendre et prendre son bénéfice le plus rapidement possible sans aucune autre considération quant aux conséquences de ses décisions. Un investisseur mettait à disposition des moyens pour produire et développer. Ce qui avait pour conséquence, outre sa juste rémunération, d’enrichir l'ensemble de l'activité.

    Décidément, il serait donc utile de retrouver un consensus sur le rapport entre les choses et les mots qui les désignent. Même s'il est toujours correct, pour parler des nouveaux investisseurs, d'utiliser de vieux mots : chez eux, l'appât du gain prend souvent la place de l'esprit d'entreprise.

  • Maintenant, à votre argent de travailler

    Je reste sans mot devant ce slogan utilisé pour la publicité d'une banque de chez nous.

    A moins que travailler ait radicalement changer de sens ?

    Le temps de nous remettre d'accord sur ce que parler veut dire approche à grand pas !