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  • Journalisme et citoyenneté

    La Première RTBF. Dix heures ce mercredi matin. Les infos.

    "Ils sont cinq. Deux hennuyers, deux liégeois et un brabançon. Cinq à avoir obtenu un ticket pour le Parlement Fédéral. Un bon à échanger au plus vite. C'est qu’ils n’ont pas l'intention de siéger à la Chambre.  

    ...  Pour ce soir ils devront avoir remis leur lettre de démission au Président du Parlement Wallon. Juste quelques mots, mais une bafouille officielle quand même, histoire d'expliquer à José Happart qu’ils ne sont plus ministres. Le temps de prêter serment jeudi à la Chambre en tant que Député Fédéral.  

    ...  Vendredi matin, retour à Namur pour l'élection - c'est le terme approprié - des cinq nouveaux ministres du gouvernement wallon, les même sans doute qui récupèreront leurs compétences. José Happart leur expliquera qu'on ne peut être à la fois Ministre et Député. Ils se déclareront alors "député empêché" et prierons leur suppléant de tenir leur place au chaud à la Chambre. On ne sait jamais qu'ils reviennent en 2009 après les élections régionales." 

     Certaines expressions utilisées dans le billet repris ci-dessus à propos des démissions d'un jour de Mrs Di Rupo, Antoine, Dardenne et consorts ne vont certainement pas contribuer à rehausser l'image de la politique qui en aurait pourtant bien besoin ces jours-ci.

    On pouvait et on devait critiquer la détestable comédie à laquelle vont se livrer ces ministres  qui ridiculisent la loi sur le non-cumul de mandats. Mais le recours au ticket pour le parlement, au bon à échanger et à la place tenue au chaud discrédite  les règles qui fondent le système parlementaire ... sans parler de la bafouille qui annule toute idée de respect des institutions.

    Il est vrai qu'au JT de 13 heures sur La Une, on a fait au moins aussi bien. A Jacques Van Gompel qui venait d’expliquer les raisons de son ralliement à l’accord sur Charleroi, la journaliste a  suggéré la possibilité d’un marchandage : " En échange de votre accord, est ce que vous avez quelque chose?"  

    Il est temps de rouvrir un débat sur les effets de la manière  dont  on parle  de la politique. Même si nos deux grands constitutionalistes se sont relayés  ce matin  pour persuader les auditeurs de Questions  Publiques de l’importance des partis et de leur président en particulier, pour exprimer la volonté des électeurs et pour sauvegarder la démocratie.

     

  • ELECTRABEL communique...

    Je ne sais pas si Electrabel a bien ou mal communiqué.

    Je ne sais pas si la limite de 3% d'augmentation promise s'applique à la facture de chacun ou au prix du gaz pour tous.

    Je ne  sais pas si les prix d'Electrabel sont déterminés par les conditions de production comme on l'enseigne à l'Université ou s'ils sont décidés à partir de la position historique de l'entreprise sur ce marché.

    Mais il y a des choses que je sais. Parce que le Conseil d’Administration ne peut être soupçonné d’avoir mal communiqué en rendant public les résultats de son entreprise pour 2006.

    Je sais que la croissance organique s'est élevée à 15,4% pour les ventes d'électricité et à 7,6% seulement pour les ventes de gaz.

    Je sais que cette croissance organique reflète une augmentation  à la fois en volume (6,2%) et en prix (9,2%) pour les ventes d'électricité alors que celle des ventes de gaz ne traduit qu'une augmentation des volumes vendus.

    Je sais que malgré cette augmentation globale des volumes, les ventes de gaz sont en recul sur le marché retail en Belgique.

    Je sais que la stabilisation de la position de l'entreprise sur les marchés résidentiels wallon et bruxellois constitue un des deux défis pour 2007.

    Je sais que les critères de rentabilité et le business model sont les références de base pour l'examen des projets futurs.

    Et sachant tout ceci et ignorant tout cela, j'en viens à me demander si la seule raison de mon existence ne deviendra pas bientôt  d'être là pour payer sans chercher à comprendre. Car je veux bien payer un prix qui rémunère correctement ceux qui me procurent un bien, mais je renâcle à contribuer à produire un bénéfice de 2.142.000.000  Euros tel celui d’Electrabel en 2006.

  • Au service de qui ?

    Dans la classification des activités économiques le secteur des services aux utilisateurs est souvent présenté comme un des moteurs du développement espéré. Et, parmi ceux-ci on met toujours en avant les potentialités des activités ce commerce et de distribution.

    La fermeture de seize de ses grands magasins annoncée par Carrefour S.A. nous invite donc à préciser ce qu'il faut entendre par "services". Car maintenant que produit biologique pourrait signifier produit contenant une part acceptable d'OGM, on pourrait se tromper en continuant à penser que la grande distribution est au service des consommateurs.

    On ferme 16 magasins et on met en question l'emploi de 900 collaborateurs - encore un mot dont il faudrait penser à interroger le sens- parce que les marges sont insuffisantes par rapport aux performances des concurrents. Oui vraiment, comme nous le remarquions hier, c'est bien le service de l'argent qui devient le premier fondement de l'activité économique d'aujourd'hui. 

    "La tentation de faire glisser les points de repère peut être grande lorsque les enjeux financiers sont de taille" écrit Philippe DEMBOUR dans sa "Cocarde du "bon agir " publiée par La Libre d'avant-hier. Carrefour S.A. n'a pu y résisté. A son corps défendant, poussé dans le dos par la concurrence féroce qui lui est imposée par le marché...

    Et, forte de cet acte de contrition, la direction "compte sur les représentants du personnel pour entamer une discussion sereine, efficace et constructive pour rechercher les solutions les plus adéquates", suivant le communiqué diffusé par l'agence Belga repris par La Libre. Nouvel exemple à méditer du retour en grâce du droit du plus fort...

  • Encore l'argent ...

    Hier je me réjouissais en voyant l'argent conduire à la découverte d'une malheureuse affaire de racket dans les Hauts-de-Seine. Aujourd'hui, j’apprends que c’est le même argent qui conduit, à Cergy-Pontoise cette fois, d'autres adolescents à racketter un garçon de 13 ans qui finit par sauter par la fenêtre du 2ième étage pour tenter de leur échapper.

    Selon plusieurs sources dont Le Berry Républicain, les auteurs des faits sont mis en examen pour " extorsion de fonds aggravée par des violences ".J'aurais préféré une mise un examen "pour violences  sur un enfant aggravées par la soif de l'argent".

    Mais aujourd’hui c'est d'abord l'argent, les fonds qu'il faut protéger. Les agressions sur les personnes ne sont plus que des circonstances aggravantes face à l’énormité du péché capital. Avez-vous déjà remarqué que ce sont les transports de fonds qui sont les mieux protégés dans le trafic actuel? Vous en connaissez maintenant la raison.

     

  • Pour s'amuser et se faire respecter

    Il y a des jours où je me dis que la soumission à l'argent a du bon. C'est en tout cas parce qu'on recherchait activement les 80 Euros qui s'étaient volatilisés dans une classe à Puteaux (Hauts-de-Seine), que tout est venu au jour.

     L'argent avait été dérobé par un élève victime du racket exercé depuis des mois par sept collégiens de 14 à 17 ans sur une dizaine d'élèves de l’école voisine, âgés eux de 8 à 10 ans. 

     Selon  Le Parisien, les "grands" se comportaient comme de véritables tyrans envers les "petits" : violences, brimades, extorsions et intimidations étaient le pain quotidien des victimes. Dans le langage judiciaire du juge d’instruction qui les a mis en examen, il s’agissait  d’une part, de violences volontaires accompagnées d’actes de torture et de barbarie et d’autre part, de vols et extorsions commis en bande organisée.

    Se contenter de confier ces jeunes à la Justice serait cependant gravement sous-estimer ce qui est en jeu dans cette affaire. Car, aux yeux de  ces grands adolescents que nous décrivons désormais comme des tyrans,  ce qui s’est passé n’est après tout qu’assez normal et en tout cas, bénin.

    Quand la plainte a été déposée, l'un deux a trouvé assez normal d'aller frapper un petit devant son école  "pour le dissuader de parler" peut-on lire sur le site de LCITF1. Et quand ils sont interpellés, ils reconnaissent les faits en les minimisant : ils agissaient simplement par "amusement" et pour que "les petits leur témoignent du respect», toujours selon la même source. C'est à ce niveau qu’il ne faut pas se tromper d'analyse.

    Il leur parait en quelque sorte évident, pour l'avoir sans doute expérimenté concrètement et virtuellement, que le plus fort a toujours raison. Que se faire respecter, montrer sa supériorité sont signes d'accomplissement. Ils savent que la peur est une arme terrible quand on a les moyens de la mettre en oeuvre. Que dans la vie quotidienne, le terrorisme trouve à s'exercer aussi efficacement dans l'ombre que dans la lumière projetée par les médias.

    Parce que, comme eux l'ont fait vis-à-vis des petits, des militaires états-uniens ont tyrannisé des prisonniers sans défense. Des décideurs éclairés ont délibérément sacrifié l'existence de travailleurs sans défense. Des religieux illuminés ont fait de Dieu une prison qui enferme les esprits et la vie

    Car  à force de laisser l'économie imprégner nos façons de penser, de décider et d'agir, nous sommes en train de retourner sans nous en rendre compte, à la loi d'avant la naissance des lois des hommes. A la loi du plus fort.