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  • On n'arrête pas le progrès

    Heureuse surprise ce matin en entrant dans le grand bureau de Postes de ma commune qui remplace désormais le petit qui faisait le bonheur de mon quartier. Une délicieuse odeur de thym et d'ail qui vous chatouille les narines et vous fait venir l'eau à la bouche. Eh oui! Depuis ce matin, la Poste met à la disposition de ses usagers un point Pitta-Pizza où ses clients peuvent trouver un snack rapide. Question de ne plus perdre bêtement son temps à scruter anxieusement les écrans où s'égrènent les numéros précédant celui que porte le ticket gracieusement offert par le distributeur automatique d'accueil.

     

    -"Voila une idée, murmura le monsieur qui me suivait en se penchant à l'oreille du vieillard qui l'accompagnait. Ne pensez-vous pas Justin, que nous devrions ouvrir un point Loisirs à l'église ? Nos fidèles pourraient profiter de la messe pour acheter leurs vacances ou réserver leur hôtel !

     

    -"Décidément, Monsieur le Curé, vous avez toujours la bonne idée. Mais il ne faudra pas oublier la pêche qui a aussi ses amateurs ...

  • L'éducation nationale ne produira plus de chair à profit.

    "L'éducation nationale ne produira plus de chair à profit." C'est la proclamation qui clôt le préambule de l'article " Moi, Albert Jacquard, ministre de l'Education, je décrète : " paru dans L'Humanité le 22 mars 1999 et qui met très bien en perspective sa conception de l'école pour demain. Cette phrase me revient en entendant cet autre vieillard refuser ce matin sur les ondes de la RTBF, l'idée d'un enseignement qui prépare à prendre sa place dans la société pour défendre une éducation tournée vers des apprentissages propres à changer celle-ci.

    Il met le doigt sur une des révolutions les plus profondes qui se sont produites dans la seconde moitié du 20ième siècle. Silencieuse, insidieuse, au nom du progrès et de la modernité, elle fait passer l'école – les petites et les grandes- d'un foyer d'éducation à un endroit d'enseignement. Là, les matières étaient pour les maîtres, prétextes à faire advenir des adultes, ici les profs enseignent des savoirs pour engendrer des ressources humaines. Garder et armer les sentinelles de la vie et de la justice pour demain fait sans doute partie des exigences vitales  pour  la survie de notre espèce. Et ce ne sera pas chose facile.

    Le Processus de Bologne a déjà choisi l'accroissement de l'employabilité et la reconnaissance des qualifications. Et voici que le Forum de l'UE pour le dialogue Université-Entreprise pourrait,suivant une annonce de la Commission, constituer officiellement dès ce 2 avril, un  nouveau partenariat pour la modernisation des universités dans les champs comprenant "la mise au point de filières pour améliorer les chances d'emploi des diplômés, l'identification des compétences requises des diplômés pour entrer dans la vie active, les moyens de promouvoir une mentalité favorable à l'esprit d'entreprise chez les diplômés, les professeurs et les chercheurs et les structures de gouvernance appropriées dans les universités".

    Ce n'est pas en vain que l'article neuvième du décret d’Albert Jacquard disposait «  le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation ».

    Ne devient-il pas vraiment temps de reprendre le débat sur les choix que nous faisons ?