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  • Vivre ou mourir ? Mystère!

    "Elle était morte à l'intérieur avant de sauter...". Ces mots de Géraldine Maillet entendus ce matin à la RTBF pour expliquer le suicide de Ruslana Korshunova qui s’est défenestrée à l’aube de ses 21 ans en juin 2008 résonnent étrangement quand on les met en parallèle avec ceux que de nombreux médias, - comme Le Point – mettent dans la tête de Rom Houben déclaré en comma pendant 23 ans suite à un accident : "Je criais, mais on ne pouvait pas m'entendre. … Je n'oublierai jamais le jour où ils ont finalement découvert ce qui n'allait pas, ça a été ma seconde naissance".

    Ici, un être immobilisé et extrêmement dépendant célèbre et chérit la vie. Là, un être au faîte de la gloire et du succès, saute dans le vide qui l’avait peut-être progressivement happée.

    Il y aura sans doute matière à revenir sur tout cela. Contentons-nous aujourd’hui d’interroger nos manières d’exister : la part de mystère qui paraît indispensable pour donner du goût à la vie existe-t-elle encore dans un monde ou tout devrait être mesurable, géré et optimisé selon les critères des experts ?

  • Au delà de la qualification de la France...

    La Fifa a confirmé ce vendredi matin que le match de football France-Eire, marqué par une main de Thierry Henry, ne pourrait pas être rejoué, conformément aux lois du jeu. La Fédération française de football (FFF) a indiqué vendredi à l'AFP avoir "pris acte" de la décision de la Fifa de ne pas faire rejouer France-Eire, entaché par une main de Thierry Henry. La FFF a aussi indiqué qu'elle ne souhaitait "pas apporter de commentaire".Voilà ce que nous apprend la DH du jour et ce qui excite mon vieil ami arbitre.

     

    Il s’émerveille en effet,  devant les fameuses lois du jeu et particulièrement la Loi 12 traitant des fautes et des incorrections.  Les fautes de jeu m’explique-t-il, sont  imputables à l’imprudence, la témérité ou l’excès d’engagement du joueur tandis que les incorrections vise les atteintes à l’esprit du jeu : tenir un adversaire, cracher sur lui et toucher délibérément le ballon de la main (excepté si l’on est gardien de but dans sa propre surface de réparation).

     

    Toucher délibérément le ballon de la main, c’est s’exclame-t-il, la négation même du foot : c’est pour cela que ce comportement est susceptible des « Sanctions disciplinaires » prévues par la même Loi 12 : "Dans certaines circonstances, un joueur touchant délibérément le ballon de la main doit recevoir un avertissement pour comportement antisportif s’il :

    • touche délibérément et ostensiblement le ballon de la main pour empêcher un adversaire d’en prendre possession ;

    • tente de marquer un but en touchant délibérément le ballon de la main.

    Un joueur sera toutefois exclu du terrain de jeu s’il empêche l’équipe adverse de marquer ou s’il annihile une occasion de but manifeste en touchant délibérément le ballon de la main".Et voici la justification de cette exclusion : "La sanction n’est pas dictée par le fait que le joueur a délibérément fait une main mais qu’il a empêché l’équipe adverse de marquer un but par son intervention inacceptable et déloyale. » C’est d’ailleurs la seule et unique fois que le mot déloyal apparaît dans les lois du jeu du football!"

     

    Et je me dis soudain qu’au fond, l'histoire de ce match n’est qu’un indicateur, un révélateur de nos vivre-ensembles quotidiens où quels que soient les moyens, l’essentiel est de gagner : travail en noir, copies aux examens, fraudes fiscales et sociales, stratégies procédurales dilatoires ne constituent-ils pas autant de « mains » inacceptables et déloyales dans nos combats d’humanité ?

  • Levons les derniers doutes

    Nous parlions hier de l’emprise des appareils sur les existences personnelles à partir des derniers soubresauts liés à la présidence du cdH. On peut sans doute en trouver une nouvelle confirmation dans les précisions apportées par la présidente actuellement en fonction dans l’entretien qu’elle accorde ce mercredi à la Libre.

     

    Certes, "il y aura une élection claire …  L’appel à candidature est réel. Il est publié dans notre organisme officiel, “L’Oranger” et sur le site du CDH. Bien sûr, il faut être membre du CDH… Mais les jeux sont ouverts. In fine, ce sont les membres qui décideront."

     

    Mais "depuis une longue période déjà, un consensus s’était constitué autour de la personne de Benoît Lutgen pour reprendre la présidence du CDH…. C’était évidemment et mon choix et mon scénario."

     

    Quand il y a un "candidat présumé, pressenti, souhaité" faut-il continuer à accepter l’illusion qu‘une "élection interne au suffrage universel des membres" garantit le fonctionnement démocratique d’une organisation ?

  • Une leçon de démocratie

    Si on veut méditer sur ce qu'est réellement la pratique de la démocratie en Belgique aujourd'hui, on lira avec profit le compte-rendu publié par le Centre démocrate Humaniste pour assurer la viabilité de la proposition unanime du  "duo dans le temps Milquet - Lutgen pour la présidence" qui vient d’être faite par son Bureau Politique.

    Le Collège des assesseurs était chargé aujourd’hui, à la demande de la présidente, de préparer les diverses modalités de l’élection présidentielle. Mais voilà que ce matin, ce Collège apprend subitement qu’un membre serait prêt à déposer sa candidature à condition de ne pas devoir exercer le mandat avant les prochaines élections et négociations fédérales et que ce membre juge que la présidente serait la mieux à même de poursuivre sa tâche malgré sa volonté claire est de remettre son mandat.

    A partir de "ces éléments nouveaux qui changeaient fortement la donne" la voie était ouverte : même si la présidente priait pour que le calice s’éloigne, le Bureau politique "dans un souci de stabilité et de continuité des politiques humanistes développées tant au niveau fédéral qu’au niveau régional" exigeait unanimement le sacrifice et " la présidente a in fine accepté de rencontrer la demande qui lui a été adressée bien qu’elle eût préféré pouvoir passer le relais dès à présent."

    Ayant ainsi mis en place le dispositif "indispensable [pour] concourir à la stabilité institutionnelle et à la relance socio-économique de la Belgique", et en gage de "garantie en termes d’exercice de démocratie interne", "l’appel à candidatures prévu sera mis sur le site du cdH"!.

    Mais au delà de cette mise en scène, ce qu’il faut retenir, méditer et savoir c’est l’affirmation qui conclut la position du Bureau politique « Jusqu’en 2011, Joëlle MILQUET pourra, en tant que Présidente du parti, participer activement au débat institutionnel pour garantir l’avenir de notre Etat fédéral et défendre les intérêts des francophones. « Ce n’est plus au niveau du gouvernement ni des Vice-Premiers Ministres que se noue le destin des peuples, c’est au niveau des partis et singulièrement de leur président. Il est temps de retrouver des citoyens qui osent prendre des risques au sein des partis!

  • La paille et la poutre

     

    Ainsi donc, Monsieur Éric Raoult estime dans sa question parlementaire à M. le ministre de la culture et de la communication que « les prises de position de Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu'elle trouve « cette France [de Sarkozy] monstrueuse », et d'ajouter « Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux », sont inacceptables ». Pour lui « ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du chef de l'État.»

    Pauvre Monsieur Raoult ! N’est-il pas lui aussi –dans une autre question adressée le même jour à M. le secrétaire d'État chargé de la coopération et de la francophonie- peu respectueux voir insultant, à l’égard des auteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et plus encore de la France qui les a engendrés ? Pour désigner « les médias et certains responsables politiques français [qui selon lui] s'ingénient à dénigrer certains pays pourtant amis de la France » -il cite la Tunisie et le Gabon- il invente l’expression « droits de l'hommistes » et, pour faire bonne mesure, il les décrit comme « impénitents voire professionnels » !

    Décidément "les clients attitrés pour notre commerce extérieur" et "l'importance que nous attachons aux échanges commerciaux " aveuglent les descendants de ceux qui avaient espéré en l’avenir de l’homme…