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  • Une vérité cardinale

    Je voudrais revenir sur l'interview-testament accordée par le Cardinal  Danneels au journal Le Soir ce 24 décembre. Au-delà des appréciations  sans doute judicieuses sur la nécessité de construire une église qui sonne juste tant dans le concert des nations  qu'aux oreilles des enfants des hommes et des femmes d'aujourd'hui, je souhaite tirer les leçons qui découlent à mes yeux, de l'attitude de Jean-Paul II face à la curie romaine.

    « Jean-Paul II a remarqué, à un certain moment, qu'il n'y avait rien à faire contre cette machine administrative ; et il a cherché sa propre voie : les voyages, le contact avec les foules. Ainsi, il a remis l'Eglise sur la carte. »

    Nous nous trouvons confrontés ici non plus à une situation  d'église mais au vécu des hommes et des femmes inscrits radicalement dans la quotidienneté de la vie. Si chacun avait la possibilité de chercher sa propre voie, beaucoup arriveraient sans doute à mieux trouver dans les chantiers où s'élaborent cahin-caha les espaces de liberté, la place qui  correspond à leurs attentes et à leurs aptitudes.

    C'est vrai que nos sociétés nous proposent  encore trop souvent de consacrer nos énergies à des combats sans issues pour beaucoup : l'exemple de Jean-Paul II invite à oser se contenter de ce qui est possible au lieu de s'épuiser à poursuivre l'impossible. Nous ne sommes pas obligés de faire tous les mêmes études, il y a bien des manières de vivre une relation amoureuse heureuse, il n'y a pas qu'une religion qui libère...  Ma grand-mère avait raison : « quand on n'a pas ce que l'on aime il faut aimer ce que l'on a ! »

    Merci, Monsieur le Cardinal! Et croyez que j'apprécie que vos propos réveillent en moi ceux qu'enfant, j'entendais dans la bouche de la maman de mon père.

     

     

  • Il y a des limites ... sauf au droit du plus fort

    L'article le plus consulté depuis une semaine sur le site de Lalibre.be est le communiqué Belga que le journal reprend dans sa rubrique Etats-Unis sous le titre « Quand la Flandre raye la Wallonie ». Il faudra revenir sur ceci pour mettre en parallèle l'intérêt des internautes avec le peu de cas que le journal fait de cette affaire.

    Il est bon de se rappeler en effet -comme le rapportait Le Soir du 1er septembre- qu'en juin dernier le directeur de la Flanders House de l'époque avait déclaré dans un speech prononcé au Musée d'Art Moderne à New York en l'honneur de James Ensor, que pour la plupart des investisseurs et des touristes, « la Flandre, c'est la Belgique et la Belgique, c'est la Flandre. »

    Je voudrais simplement ce soir remettre au jour une des premières Fables de Jean de La Fontaine qui éclaire à mes yeux, la base du raisonnement du pouvoir -politique, intellectuel et médiatique- de la Flandre qui veut minimiser cet incident en allant jusqu'à s'étonner de l'importance que semblent lui accorder certains. Je pense qu'après l'avoir lue, on perçoit mieux comment il est utile de retrouver ses propres valeurs pour décoder les messages que l'on reçoit.

    Voici donc cette fable que nous n'avons pas apprise à l'école : peut-être nous aurait-elle poser des questions trop dérangeantes pour les pouvoirs d'alors?

     

    La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion

     

    La génisse, la chèvre, et leur sœur la brebis,

    Avec un fier lion, seigneur du voisinage,

    Firent société, dit-on, au temps jadis,

    Et mirent en commun le gain et le dommage.

    Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva pris.

    Vers ses associés aussitôt elle envoie.

    Eux venus, le lion par ses ongles compta,

    Et dit: « Nous sommes quatre à partager la proie. »

    Puis en autant de parts le cerf il dépeça;

    Prit pour lui la première en qualité de sire :

    « Elle doit être à moi, dit-il; et la raison,

    C'est que je m'appelle lion:

    A cela l'on n'a rien à dire.

    La seconde, par droit, me doit échoir encor:

    Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort.

    Comme le plus vaillant, je prétends la troisième.

    Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,

    Je l'étranglerai tout d'abord. »

     

    Jean de La Fontaine, Fable VI, Livre I.

    P.S. Le texte est repris d'une publication exhaustive d'un ensemble de leçons de chose et de vie proposé par le site Education environnement qui me parait assez riche en ressources diverses.