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  • Prenons garde à ce qui se passe...

     

    Un policier avait été blessé à la jambe, percuté par une voiture lors d'une course-poursuite. Lui et ses collègues ont alors menti et accusé dans leur procès-verbal le conducteur de la voiture qu’ils poursuivaient.

    Sept policiers ont ainsi été condamnés à une peine de prison allant de six mois et un an de prison ferme pour avoir menti et accusé à tort un homme. Celui-ci avait en outre reçu des coups après son interpellation et 5 jours d'incapacité totale de travail lui avaient été prescrits.

    Plusieurs dizaines de policiers manifestaient  devant le tribunal  après la condamnation à de la prison ferme de sept de leurs collègues, rassemblés au pied du palais de justice  faisant retentir les sirènes d'une quinzaine de voitures de police. " L’objectif est de montrer au président du tribunal qu’on n’est pas d’accord”, a déclaré le secrétaire d'un syndicat de syndicat de gardiens de la paix “on est scandalisé par le jugement. Pour nous c’est une atteinte au métier de policier”, a-t-il déclaré.

    Le ministre de l'Intérieur est lui-aussi intervenu pour juger «disproportionnée» la peine infligée à ces policiers menteurs et le préfet  s'est déclaré «très étonné» par cette condamnation.

     

    Je dis qu'il ne faut pas sous-estimer ceci : on sait combien les grands élans pour le respect de l'ordre ont sans avoir l'air d'y toucher, débouché sur une mise en veilleuse progressive des droits humains en commençant par ceux des plus marginaux...

    Car comme le disait Robert Badinter, -un sage qui sait ce qui est en question-, "Fabriquer des preuves contre un innocent, le livrer ensuite à la justice avec des faux témoignages… Avec comme conséquence possible ce qu’il y a de pire : une erreur judiciaire délibérée. On ne peut pas aller plus loin dans la violation de l’éthique judiciaire. La première défense des libertés individuelles, c’est la conscience des policiers. S’ils commencent à fabriquer des preuves pour faire condamner des innocents, qu’est-ce qu’il reste de la loi ?"

    Oui, c'est bien la conscience des policiers qui doit constituer la première défense des libertés individuelles !

  • Penser pour être

    Jacqueline de Romilly qui fut la première femme professeur au Collège de France et la deuxième femme à entrer à l'Académie française, est décédée samedi à l'âge de 97 ans. C'était un grand, un très grand homme.

     

    Je célébrerai sa mémoire aujourd'hui en reprenant trois extraits de l'interview qu'elle accorda le vendredi 2 février 2007 à Corentin GARRAULT du journal Le Point qui titra "Jacqueline de Romilly contre les barbares". Elle venait d'être élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur et on peut retrouver ce texte en bien des sites dont celui de Michel RENARD pour une école de la culture.

     

    " On craint sans doute que les élèves ne se forment un jugement trop acéré, qu'ils ne deviennent trop intelligents, qu'ils ne remettent en question la société telle qu'elle est..."

    "Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste."

    "Le danger de la démocratie, le seul, le vrai danger, c'est la démagogie."

     

    Merci Madame de Romilly : vous nous avez montré qu'il reste bien du chemin pour construire les espaces d'humanité que déjà les Grecs avaient entrevus !

     

  • "Jésus au pluriel" :Promotion médiatique ou témoignage existentiel?

    Un "Partner Event" de BOZAR réveille ma curiosité : mercredi soir, Mgr A.-J. Léonard, le Grand Rabbin Guigui, Slimane Zeghidour (islam) et Fabrice Midal (philosophie bouddhiste) parlaient de leur expérience de Jésus de Nazareth dans la salle Henry Le Boeuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

    Suivant la dépêche de l'Église Catholique de Belgique, la Fondation St-Paul, promoteur de l'évènement, "souhaite remettre la personnalité de Jésus-Christ à l'avant-plan. A l'aube de ce XXIème siècle où l'Église semble chahutée dans son fonctionnement ces 4 personnalités ... ont chacune une expérience différente de la personnalité du Christ et du modèle qu'il peut encore représenter dans une société en recherche de valeurs nouvelles ou à redéfinir."

    Si la rencontre est porteuse d'espoir, la mise en scène est souvent porteuse de risque en voulant inscrire la vie dans la dynamique porteuse souvent incarnée par les médias. Il n'est pas anodin que le médiateur de la soirée soit annoncé comme "le présentateur de la célèbre émission « Noms de dieux » à la RTBF".

    J'ai donc décidé de rester chez moi. Je pense en effet que si Jésus existe il est bien plus que le représentant d'un modèle encore utile pour une société en recherche de valeurs nouvelles ou à redéfinir.

    Car ce dont les femmes et les hommes d'aujourd'hui ont besoin, c'est de rencontrer un autre qui les aime et par là, qui leur fait découvrir dans le concret des vivre ensemble, tout ce que l'on reçoit quand on accepte que l'autre existe.