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  • La crise ... ou la bêtise?

     

    "Rarement événement politique aura donné avec autant de précision et de visibilité l'affligeant et éternel spectacle des luttes carnassières où la prise de pouvoir, les egos et les meurtres symboliques sont les enjeux prioritaires ... sous couvert de respectable morale démocratique. ... Spectacle affligeant comme aussi celui de la fidélité intéressée des sherpas attendant les miettes du repas. ... mauvais jeu - dont on ne s'étonnera pas plus tard qu'il ait encore un peu nourri, si faire se peut, la crise du politique et son divorce d'avec le citoyen ... La crise est majeure et appelle réflexion profonde."

    Bien que de grande actualité, ces lignes ne sont pas d'aujourd'hui ! On peut les lire dans Le Soir du 10 avril 1996 sous la plume de Robert BURY. Et j'en viens à me demander si pour comprendre que si peu de choses changent, une voie ne nous est pas offerte par le texte figurant en 4ième de couverture de « La Bêtise » d'André Glucksmann, chez Grasset en 1985 :

    "Quiconque réduit la bêtise à une simple faiblesse d'esprit la sous-estime ; active, jalouse, conquérante, elle classe, ordonne, exclut ; elle change d'avis, mais jamais n'avoue se tromper ; elle promet divers avenirs radieux et se propulse moteur dans l'histoire. Elle devient la chose du monde la mieux partagée, ses faveurs n'épargnent personne ; cueillie sur un écran de télé, affleurant chez Bouvard automobiliste ou Pécuchet diplômé, elle prend le pouvoir chez les puissants de ce monde. Derrière les grandes idéologies, aujourd'hui en déroute, elle assure la stabilité des guerres mondiales et dans tous les camps la floraison de l'esprit de parti."

    Qui ouvrira la route des partis sans carte de membre pour ouvrir la porte à la parole libérée ? Pour que tous ceux qui décident d'inventer des espaces où devenir ensemble artisan d'un destin partagé, reprennent goût à vivre ensemble !

  • AVV-VVK

     

    "La Constitution n'est pas un chiffon de papier" déclara solennellement le premier ministre Léo Tindemans à la tribune de la Chambre le 11 octobre 1978 pour échapper à l'exécution du Pacte d’Egmont-Stuyvenberg qu'il avait signé au nom du CVP le 24 mai 1978 et le 23 février 1978.

    En entendant le sénateur CD&V Rik Torfs invité à la RTBF ce matin, je pensais que rien n'a changé depuis 1978. En choisissant les arguments qui conviennent à ce qu'il veut imposer, le plus fort voudra toujours avoir raison comme Jean de La Fontaine nous l'avait bien montré. (On m'a écrit qu'un sénateur aurait lu cette fable en séance publique lors des discussions relatives aux lois de régionalisation de 1980, mais je n'ai pas pu vérifier.)

    Aujourd'hui, la Constitution dont l'article 3 stipule " La Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise" est un chiffon de papier pour le CD&V. Et nous faisons d'ailleurs peut-être trop d'honneur à ce parti en parlant de Constitution : il se rappelle sans doute avant tout le sort réservé à la VU qui avait été avec le FDF, un moteur important des accords d'Egmont et celui qui fut le sien l'an dernier après le coup de Jarnac des libéraux flamands.

    Le flamingantisme radical qui avait fondé le comité anti-Egmont est toujours présent :"Mieux vaut pas d’accord du tout que ce mauvais accord", dit hier soir le Vlaams Volksbeweging (VVB) qui, selon la Libre Belgique appelle les partis politiques à faire preuve de "suffisamment de courage politique pour ne pas tomber dans ce piège".

    Au plus les appels au courage politique se multiplient-ils, au plus faut-il chercher pour en trouver ! Pourrons-nous éviter qu'un jour on entende "alea iacta est" pour ouvrir l'ère AVV ? Car VVK semble désormais de plus en plus superflu...