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  • On boycotte aussi en Biélorussie

     

    Suivant une dépêche de l'AFP reprise par Le Monde.fr " la répression de l'opposition s'est renforcée dans cette ex-République soviétique ... Plusieurs chansons jugées subversives ... sont désormais interdites à la radio biélorusse, a déclaré le critique musical Dmitri Podberezski. 'Un responsable du ministère de l'information appelle la radio et annonce que désormais telle chanson ou tel chanteur sont interdits', a-t-il affirmé. "

    Il faut donc interroger cette tendance qui amène les pouvoirs en place à trouver dans le processus électoral dont ils sont issus, la légitimation démocratique de toutes leurs décisions. Or la démocratie ne s'enracine pas dans les procédures qui la soutiennent.

    Comme le rappelle la Cour européenne des droits de l’homme dans L'Arrêt rendu le 25 août 1998 dans l'affaire HERTEL c. SUISSE " la liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels d'une société démocratique, l'une des conditions primordiales de son progrès et de l'épanouissement de chacun. Sous réserve du paragraphe 2 de l’article 10, elle vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels il n'est pas de « société démocratique ». Telle que la consacre l'article 10, elle est assortie d'exceptions qui appellent toutefois une interprétation étroite, et le besoin de la restreindre doit se trouver établi de manière convaincante ".

    Ainsi donc, au delà de la défense des droits de l'opposition, c'est plus radicalement pour respecter les droits de l'homme qu'il faut défendre le droit aux boycotts .

     

  • Ne boycottons pas les boycotteurs!

     

    Il n'est sans doute pas déplacé de revenir au vote de la loi interdisant le boycottage des implantations juives dans les Territoires occupés ou de leurs produits pour le lire à la lumière de ce que nous ont appris les traitements réservés aux opposants par les régimes autoritaires.

    On se souvient du livre que Vladimir Boukovsky a publié en 1971 aux éditions du Seuil sous le titre "Une nouvelle maladie mentale en URSS : l'opposition " et où on lisait en 4ième de couverture "Dans notre pays, la 'feuille de vigne' de la psychiatrie camoufle admirablement l'emprisonnement illimité des non-conformistes". " Des hommes ont été enfermés dans les hôpitaux psychiatriques soviétiques parce qu'ils avaient critiqué l'invasion de la Tchécoslovaquie ... ou cherché à émigrer, ou lancé des tracts dénonçant le régime, etc. Pour les interner, il fallait leur trouver une maladie. Il fut décrété qu'ils étaient atteints de “schizophrénie non symptomatique” " peut-on lire dans la présentation du film documentaire de Vita Zelakeviçiut, Schizofrénia, une maladie soviétique.

    On trouve dans l'édition électronique réalisée à partir du tome XXXVII (1999) des Textes des conférences et des débats organisés par les Rencontres Internationales de Genève, une analyse saisissante du phénomène dans la conférence de Semyon GLUZMAN qui a vécu dans sa chair ce qu'il appelle " l'éradication de la sédition ". Pour faire bref, j'en reprendrai un seul paragraphe.

    Dans tout État totalitaire, la dissidence est une catégorie non seulement sociale, mais aussi juridique. L’individu déclarant ou démontrant par sa conduite son désaccord avec la doctrine officielle, s’expose non seulement à la pression de la majorité de ses concitoyens, mais aussi à des poursuites judiciaires. L’État totalitaire, en réprimant toute manifestation de dissidence, tout au moins dans l’idéal, poursuit deux buts ; une prévention individuelle : punir et éliminer de la société son adversaire, et une prévention collective : faire peur aux autres citoyens par un exemple concret. Reconnaître le roi nu habillé (d’après le célèbre conte d’Andersen) est le symbole du conformisme. Dans une société caractérisée par la pensée unique, déclarer que le roi n’a pas de vêtements est une dissidence évidente. Le contrôle social peut viser l’éradication de la sédition par n’importe quels moyens, en premier lieu, physiques. Tel était le contrôle social sous Staline. Dans la version plus douce du totalitarisme brejnévien, le contrôle social ne visait plus qu’à priver de toute publicité les discours et les actes des individus hostiles à l’État et à les maintenir sous une pression constante. "

    On sait ce qu'il est advenu de l'URSS. Parce qu’existe un futur, voici le poème tiré du dernier livre de Seymon Gluzman dans la traduction de l'ukrainien de Georges Nivat qui le reprit pour terminer sa présentation du conférencier :

    Console-moi, si faible, ô Yahvé !

    Console-moi ici-bas !

    Par le sens et par le but

    Fortifie-moi, si faible,

    Fasse que je voie

    Au travers des jours !

    Que soient métamorphosés

    Le billot en sciure,

    La peur en poussière,

    Les hommes en hommes !

    Et redonne-moi le monde d’ici-bas !


    Oui ! Qu'en Israël aussi, soient métamorphosés la peur en poussiére et les hommes en hommes !

     


  • La force de la loi ou la loi de la force ?

     

    Déconseiller aux journalistes étrangers sous peine de se voir interdire durant dix ans l'entrée sur le territoire israélien, d'embarquer sur la "flottille de la paix" qui s'apprête à appareiller d'Europe pour mettre en question le blocus maritime de Gaza, comme on peut le lire sur le site LEXPRESS.fr du 26 juin.

    Convaincre le ministère grec de la Protection du citoyen de diffuser un communiqué « interdisant à tout bateau battant pavillon grec ou étranger d'appareiller des ports grecs à destination de Gaza » empêchant ainsi les bateaux composant cette flottille de mettre le cap vers Gaza comme le rapporte Radio-Canada.ca ce 1er juillet.

    Parvenir à empêcher plusieurs centaines de personnes soupçonnées d'être des sympathisants pro-palestiniens d'entrer sur le territoire d’Israël , soit en les expulsant à leur arrivée à l'aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv en arguant du « risque de troubles à l'ordre public », soit en dissuadant les compagnies aériennes de les transporter en leur communiquant une liste de « 342 personnes indésirables »qui seraient refoulées à leur arrivée en territoire israélien « aux frais des compagnies », si elles embarquaient, toujours selon les informations parues sur Radio-Canada.ca le 8 juillet.

    Voter une loi qui assimile le boycottage des implantations juives dans les Territoires occupés ou de leurs produits à un boycottage d’Israël et qui prévoit de punir toute personne ou organisation qui s'en rendrait coupable d'amendes allant jusqu’à 50 000 shekels (10 000 euros) selon Libération.fr de ce 14 juillet.

    ...   ...  ...

    Je me souviens de 1933. J'ai mal en voyant comment risquent d'avoir été inutiles tant de souffrances engendrées par l’aveuglement d'un état, de son gouvernement et de son chef qui, croyant que Dieu était avec lui, s’autorisait à sacrifier au destin de son peuple jusqu'au droit à l'existence d'autres humains.

  • N-VA responsable, CD&V coupable

      Ne faut-il pas trouver un peu mal fondé le procès fait par beaucoup au non que la N-VA incarnée en Bart De Wever, a opposé aux propositions qu' Elio Di Rupo avait avancées pour servir de base à une négociation devant conduire à la formation du gouvernement que le pays attend depuis les élections législatives de juin 2010 ? On peut même penser qu'en un sens, la N-VA est politiquement correcte quand elle traduit en actes les objectifs que lui fixent ses statuts.

    L'éditorial de Béatrice Delvaux sur le site du Soir d'aujourd'hui aurait sans-doute lui aussi pu moins s'en prendre directement au président du parti flamand et développer la condamnation de l’attitude politiquement hypocrite -ma grand-mère aurait dit malhonnête- du CD&V. Le coupable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui c'est bien comme Delvaux l'écrit " cet autre parti, qui a fait hier la démonstration de sa petitesse et d’une forme de lâcheté. Le CD&V hier a touché le fond de la responsabilité politique et de la raison d’État. "

    Le communiqué de Wouter BEKE dont le texte est suffisamment bref pour être reproduit en note, est un modèle d'habileté communicationnelle perverse. Le CD&V s'affirme comme parti de dialogue mais camoufle son incapacité à décider sans connaitre la position de la N-VA en se réfugiant derrière la responsabilité confiée au PS et à la N-VA par les électeurs et derrière le souhait du formateur de voir tous les partis démocratiques s’inscrire dans la discussion de sa note.

    Ce faisant, il démontre à suffisance le désarroi qui s'est emparé de ce qui finit par apparaitre de moins en moins comme constituant encore le parti politique qui a fait l'histoire de la Belgique et de la Flandre au 20ième siècle. Parce que comme c'est le cas de la N-VA, un parti politique doit savoir penser, oser et faire. Le CD&V lui, semble de plus en plus ne pouvoir que douter , redouter et tergiverser. Parce qu'il n'arrive pas à définir la loyauté qui le fonde. La N-VA a choisi d’être loyale au destin de la Flandre, la tête du CD&V voudrait pouvoir encore faire semblant de servir la Belgique en préservant l'hégémonie de la Flandre.

     Désormais, au plan institutionnel il n'y a plus de différence entre le Vlaams Belang et la N-VA, ce qui risque d’assombrir encore le ciel au dessus de Wouter BEKE et de ses amis. Quand, comme il l'a fait hier soir sur Terzake, Wouter Beke déclare "Si la N-VA ne veut pas s'asseoir à la table, nous serons livrés au parti d'Olivier Maingain" il reconnait que c 'est dans les mains de la N-VA que se trouve emprisonnée la capacité du CD&V de peser sur la vie politique du Nord de ce pays.

     P.S. Comme promis, je reproduis ci-dessous, le texte qu'on pouvait lire hier soir sur le site du parti ; la même adresse consultée aujourd'hui est inacessible, faute de droit d'accès suffisants. Le texte qui le remplace aujourd'hui en reprend néanmoins plusieurs éléments. Et le camouflage s'est amélioré en avançant d'une part, l’impossibilité d'obtenir les nécessaires 2/3 sans la N-VA ou le MR-FDF et d'autre part, la faute du formateur qui a présenté sa note sans la soumettre préalablement à la N-VA et qui est sorti du cadre élaboré par le président Beke pour BHV. Ces changements témoignent sans doute eux-aussi, du malaise qui règne au sein des instances du CD&V et de  sa difficulté à définir une vision qui lui est propre. Le titre de son nouveau communiqué est d'ailleurs fort explicite à ce propos :  "Négocier , Oui, mais avec la N-VA:" Peux-t-on mieux dire qu'on ne sait rien faire sans l'aval de la N-VA ?

    CD&V is de partij van de dialoog. Het is onze overtuiging dat een communautair akkoord enkel mogelijk is via onderhandelingen.

    Tegelijk is het onze overtuiging dat een communautair akkoord en een federaal regeerakkoord tot stand moeten komen op de as van PS en N-VA, de twee partijen die van de kiezer de verantwoordelijkheid kregen om tot oplossingen te komen.

    De aanwezigheid van de N-VA is dus een noodzakelijke voorwaarde, zoals ook formateur Di Rupo uitdrukkelijk heeft gesteld.

    Indien die niet vervuld is, is het aan PS en N-VA om de voorwaarden te creëren die onderhandelingen mogelijk maken.

    Wouter BEKE

    Voorzitter CD&V

     

  • L'affaire DSK : parabole pour aujourd'hui

     

    Ne disposant d'aucune donnée vérifiée à propos de DSK, il me paraissait malvenu de réfléchir sur un évènement qui, à bien y regarder, vaudra cependant qu'on le reprenne quand un début d'information fiable sur ce qui s’est réellement passé aura pris le pas sur l'emballement médiatique du sensationnel toujours en cours aujourd'hui.

    Il y a cependant une leçon qui émerge clairement déjà de ce qui s'est passé et qui a valeur de repère pour la vie de tous les jours. Même si certains ont cru bon de souligner à ce propos la probité des services du Procureur comme s'il pouvait arriver que ce ne fût pas toujours le cas, ce que nous avons appris des éléments de l'enquête officielle sur le témoignage de la présumée victime résonne comme une parabole. Cette histoire nous démontre en effet de manière définitive que si l'on souhaite être crédible, la règle la plus sûre consiste à dire toujours la vérité : à New-York, même si la victime présumée dit vrai sur ce qui s 'est passé, ses mensonges antérieurs font planer le doute sur sa parole. " Dis quelquefois la vérité, afin qu'on te croie quand tu mentiras. " recommandait déjà Jules Renard dans son Journal et Jean Dutourd est plus précis encore quand il écrit dans Mascareigne " le malheur des gens qui ont beaucoup menti est que personne ne les croit lorsqu'ils disent la vérité" !

    A propos de vérité, je trouve le sondage que propose le site du journal qui accueille ce blog très problématique : " Croyez-vous en l'innocence de DSK? Oui ? Non ?" Quel est l'intérêt de savoir qu’au moment où j'écris, 4662 internautes se sont autorisés à juger DSK et que parmi eux, 2485 soit 53% le disent innocent ? Ne faut-il pas interroger cette tendance qui consiste à demander à n'importe qui ce qu’il pense de n'importe quoi et de constituer les réponses reçues en parole d évangile comme on disait jadis? D'autant qu'en posant cette question, on s'autorise, sans autre forme de procès, à mettre aux enchères publiques l'honorabilité d'un homme qui, il y a deux mois encore, apparaissait aux yeux de beaucoup comme une ressource apte à contribuer au salut de la planète.