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Media

  • Représentant ou apparatchik : les élus devront un jour choisir ...

    " La cause était radicale, mais les gens qu’elle a recrutés se sont avérés être, de plus en plus, des apparatchiks, des gens motivés surtout par leur carrière plutôt que par leurs convictions.". Voilà reprise sur le site de la RTBF, la constatation que fait Paul Krugman dans la chronique qu'il consacre à la surprenante défaite subie ce 10 juin par Eric Cantor à la primaire du Parti républicain en vue des élections de novembre 2014 dans la 7ième circonscription de Virginie.

    Quand on regarde comment le poids des appareils a pesé au Parlement wallon, tant sur les travaux de la Commission de vérification des pouvoirs que sur le vote intervenu en Séance publique, on doit se demander si cette constatation ne doit pas s'étendre bien au delà du mouvement républicain aux EUA. Et ce qui se passe à l'UMP en France en élargit encore le champ d'application.

    L'attitude générale de la presse et des médias en la matière est un signe supplémentaire de l'existence de ce que le Prix Nobel d'économie appelle des "ensembles d’institutions et d’alliances intimement liées qui permettent de gagner des élections en jouant sur les peurs mais qui – je généralise ici l’analyse de Krugman -, utilisent leurs victoires pour faire passer des programmes personnels, tout en développant pour leurs fidèles, un réseau de soutien au plan politique et idéologique.

    Un incident récent rapporté sur le site levif.be montre bien que dans l'arène politique, la communication a pris le pas sur la réalité, les mots ont pris le pas sur les choses. Le tagage de l’inscription "NEGERS !" sur la façade du journaliste de la VRT Peter Verlinden, qui est le mari d'une "femme noire" et le papa d’une "fille brune", a amené celui-ci à souligner "le silence assourdissant qui a suivi de la part de pratiquement tous les politiques flamands et les mass media" la déclaration de Filip De Winter, un des leaders du Vlaams Belang en pleine campagne électorale "Le problème n’est pas le vieillissement, mais le brunissement !". Il demande donc à la N-VA, à laquelle la majorité des électeurs du Vlaams Belang aurait, selon lui, décidé de faire confiance, de s'exprimer en toute clarté sur le racisme. C'est sur le site web du quotidien De Standaard que Liesbeth Homans réagit. Après avoir dit son horreur sur ce qui s'était passé, elle indique clairement qu'en aucune manière, ces nouveaux électeurs,si leur existence en confirmée par l'analyse des résultats, ne changeront ni le style de communication ni l'image de la société propres à la N-VA. Quant au silence de la N-VA face aux provocations racistes du Vlaams Belang pendant la campagne, il doit être considéré comme un choix stratégique et en aucun cas, comme un assentiment tacite. La N-VA est fière, si son attitude a ainsi pu contribuer à l'effondrement du discours politique raciste.

    Style de communication, image de la société, choix stratégique, discours politique : la théorie de la communication efface progressivement les vécus quotidiens et les élus du peuple s'effacent progressivement pour servir l'image qui assure le pouvoir de ceux qu'ils servent ... parfois sans le savoir ...

    "En rejetant Cantor, la base républicaine a montré qu’elle avait dépassé les leurres électoraux" écrit Krugman. Quand les leurres électoraux cesseront-ils d'éblouir tant d'hommes et de femmes en quête d'existence?

     

     

     

     

     

     

     

  • Le Vlaamse Volksbeweging, la démocratie et les médias.

     

    «Un coup d’œil rapide sur les résultats des dernières élections suffit à démontrer que chaque voix n’a pas le même poids. Ainsi, la Flandre qui livre 63% des voix, n’a droit qu’à 58% des sièges à la Chambre. Les électeurs wallons représentent 33% mais ont quant à eux droit à 43% des sièges. Cette arithmétique prouve que le système électoral belge est défavorable aux Flamands alors qu’ils sont majoritaires» conclut Bart De Valck, président du Vlaamse Volksbeweging.

    C'est ce que rapportent divers médias comme l'avenir.net ou RTL.be, qui rendent compte de l'action organisée par ce mouvement nationaliste flamand aux alentours du Parlement fédéral jeudi dernier pour dénoncer le déficit démocratique dont souffre à ses yeux, le système électoral belge en ne respectant pas le poids de voix flamandes pour répartir les sièges de député à la Chambre.

    «Chaque personne a logiquement droit à une voix et chaque voix doit avoir le même poids électoral. » constate le Président du VVB. Mais le déficit démocratique est bien plus flagrant encore quand on passe à un rapide coup d’œil rapide sur les résultats des dernières élections au Parlement de la Région Bruxelles-Capitale.

    Ne prenons qu'un exemple, celui de la famille libérale dans ce Parlement. Elle se voit attribuer 23 sièges pour les 108.535 suffrages qu'elles a obtenus. Open Vld en reçoit 5 soit 21,24% alors que ses 14.292 voix ne représentent que 13.17% du total des voix libérales. Le MR lui, pour qui ont pourtant voté 94.243 citoyens soit 86,83 % de l’ensemble, n'obtient que 18 sièges soit seulement 78,76 % des sièges libéraux.

    On voit donc qu'un siège Open Vld coûte 2858,50 voix alors qu'il en faut 5.235,72 au MR pour en obtenir 1. Oui, il faut 1,831 voix donnée au MR pour obtenir l'effet d'une voix donnée à Open Vld.

    Si nous revenons sur cette information, c'est pour souligner combien l'attrait d'être le premier à publier la petite phrase qui va faire mouche, amène nos médias à diffuser sans analyse ni réflexion tout évènement soit ténu soit-il, qui est de nature à entretenir ou renforcer le script du spectacle médiatico-politique qui tend à masquer les dures réalités de la vie quotidienne. On eût aimé que les propos du VVB eussent été remis en perspective pour rappeler que le nombre n'est pas le cœur de la démocratie.

    Oui, on doit se demander si le journalisme n'est pas progressivement plus au service du Journal qu'au service des lecteurs qui cherchent à s'informer. La communication ne doit pas prendre le pas sur l'information.

     

  • RTBF et MCBF : Médias et objectivité

     

     

    La RTBF est-elle anti-catho ? C'est la question que Dimanche, Regards chrétiens sur l'actualité, présente en page d'ouverture de son numéro de la semaine dernière en annonçant un "entretien sans détour avec Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l'information".

    Pour être de bon compte, ne faut-il pas s'interroger aussi sur la façon dont les MCBF, Médias Catholiques Belges Francophones, se comportent en matière de traitement de certaines informations ? D'autant que ce matin ces Médias s'engagent à essayer de veiller aux considérations papales à propos de la désinformation que François définit en ces termes :«C’est ne dire que la moitié des choses, celles qui me conviennent, et ne pas dire l’autre moitié: de sorte que celui qui regarde la télévision ou écoute la radio ne peut bien juger les choses parce qu’ils n’a pas tous les éléments, car ils ne lui ont pas été livrés ».

    En voyant l'article consacré par InfoCatho.be ce lundi à la poussée électorale du FN en France dimanche dernier, certains pourront sans doute commencer à questionner par exemple non l'objectivité, mais le but poursuivi par l'information fournie. Sous le titre "Municipales: les catholiques français moins tentés par le Front National", l' article pose la question " Dans quelle mesure les catholiques ont-ils apporté leur voix à ce parti ? On s'attendrait donc à trouver, au mieux un sondage à l'entrée des bureaux sur les intentions de votes ou une enquête à la sorites des urnes sur le vote exprimé, ou au moins une analyse du comportement électoral des catholiques français lors de scrutins antérieurs. Car "Municipales" renvoie bien à élections et nous sommes au lendemain du premier tour.

    Au lieu de cela, l'article reprend une enquête exclusive réalisée en fin d’année dernière, par le magazine français La Vie qui "révélait comment les catholiques de France perçoivent Marine Le Pen et les idées du Front National (FN)" pour en expliciter la conclusion :" les cathos résisteraient politiquement plus que la moyenne à la séduction qu’exerce le parti de Marine Le Pen. Mais c’est moins vrai du côté des plus jeunes." Et il se termine en invoquant la position de la hiérarchie épiscopale et en se demandant si la voix de l’Église catholique se fera entendre d’ici le deuxième tour.

    Cette manière de faire n'ouvre-t-elle pas la porte à ceux qui voudraient penser qu'il s'agissait ici, non pas d'analyser les résultats du scrutin, mais de proposer des arguments pour célébrer la résistance dont feraient preuve les catholiques face à ce que tous les médias ont considéré comme un danger majeur pour l'avenir politique de la France ?

     

     

     

     

     

     

     

  • Philippe est-il réellement paralysé par les caméras ?

     

     

    Doutez-vous encore du pouvoir des médias dans la construction de ce que nous appelons le vrai de nos jours ? Alors, voyez l'article publié récemment sur lalibre.be à partir de l'analyse de René Zayan des rapports du Prince Philippe avec les médias. Il montre à merveille le poids du "prêt-à-penser" qui pré-formate inconsciemment l'information mise à la disposition du public.

    Que nous apprenait ce professeur en psychologie politique et en neurosciences cognitives de l’UCL -désormais émérite- qui traque absolument toutes les apparitions, interventions et interviews de membres de la famille royale à la télévision ?

    - Que "Philippe est vu et présenté par la presse comme une potiche". Dans l' exposition répétitive dont il a bénéficié ces derniers temps sur nos écrans, que "d’emblée, il était entendu que le Prince n’avait pas de charisme, qu’il n’était pas sûr de lui, qu’il n’avait pas d’autorité naturelle, qu’il était anxieux, qu’il était timide et que, donc, il n’avait pas l’attitude d’un roi crédible." En résumé, que la presse a des préjugés.

    - Que "le prince Philippe ... a des réactions d’insécurité aux questions, une gestuelle tout à fait retenue et des postures corporelles un peu transparentes ... Mais ... c’est donc un mauvais procès qu’on fait à Philippe"... " je voudrais dire une chose clairement " insiste René Zayan," je ne pourrais en rien, à partir de son comportement jugé non charismatique, lui attribuer une anxiété systématique, une absence totale de crédibilité, de compétence, etc."

    - Que "tous les politiciens manifestent dans leurs comportements spontanés, naturels, beaucoup plus d’expressivité, de jovialité et d’assurance qu’ils ne le font en général devant la caméra."

    - Qu'à la question "Il serait paralysé par les caméras ?", la réponse était oui, mais avec un restriction immédiate : il n’est pas le seul ! Beaucoup de politiciens, et le prince aussi, ont une représentation visuelle erronée de l’impression qu’ils donnent à la télé. Qu'en plus, "Philippe est tenu par son devoir de réserve. On ne peut donc jamais le juger sur son comportement spontané."

    Quel est le titre donné à cet article pour rendre compte des apports les plus intéressants du professeur Zayan ? Est-ce "La presse voit et présente Philippe comme une potiche" ou " La presse a des préjugés sur Philippe" ou "On fait un mauvais procès à Philippe" ou encore "On ne peut jamais juger Philippe sur son comportement spontané" ?

    Non , cet article est intitulé "Philippe est paralysé par les caméras" ! Le titre reprend les mots utilisés dans une question sans doute posée en vue d'obtenir la validation par un expert du message qu'on souhaite renforcer. Sans considération pour la nuance importante ni pour le mauvais procès.

    Ceci donne encore plus de poids à l’analyse de Zayan : la "vingtaine d’années de critiques plus ou moins voilées" sont une partie non-négligeables du problème du Prince face aux caméras et à la presse en général.

  • Médias,argent et démocratie : "Je veux ce joooooob!"

     

    Madame Céline Frémault, ministre de l’Économie et de l’Emploi, a répondu hier à la lettre ouverte de RTBF89 qui l’interpellait sur la part prise par Actiris dans la préparation d'une nouvelle émission sur l'emploi, projet de la RTBF en vue d'aider les demandeurs d'emploi à "trouver le job idéal et ce, en seulement une semaine."

    Revenir sur l'émotion sociale suscitée par ce projet qui en quelque 24 heures, a conduit ses promoteurs à le suspendre momentanément serait sans doute éclairant mais il me parait plus urgent de dire combien on reste sur sa faim en lisant cette réponse.

    Car si elle peut sans nul doute figurer comme modèle dans les manuels qui façonnent les professeurs de gestion de la communication politique, elle ne nous entend pas quand nous lui disons que " nous sommes nombreux à vivre, impuissants, tous ces petits renoncements quotidiens, tous ces estompements de la norme qui repoussent chaque jour un peu plus loin les limites de ce qui est admissible, acceptable, possible... jusqu'à devenir normal, habituel, banal. ... Comment en est-on arrivés là ? Telle est notre principale interrogation. "

    Oui, il faut dépasser l'épisode RTBF-Actiris-Ebuco pour interroger cette course collective à l'argent qui, sous des justifications plus ou moins brillantes, s'impose de plus en plus comme la seule voie de salut pour l'humanité. Un monde où on a " la chance d'être entouré de coaches, prêts à tout pour bouleverser [son] destin" -pour reprendre le texte l'appel à candidature de cette émission- donne froid dans le dos. On se souvient d'un führer prêt à tout pour assurer le destin de son peuple ...