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Sport

  • L'argent pour le professionnel, la médaille d'argent pour l'amateur

     

    Depuis le retour en Belgique des athlètes qui nous ont représentés à Londres, on discute beaucoup sur les moyens à mettre en œuvre pour accroître la moisson de médailles belges à Rio en 2016.

    Ceux qui ont lu le "Bilan de la politique sportive belge" que Thierry Zintz publie sur lalibre.be au lendemain des jeux, auront sans doute trouvé ses propositions bien étranges quand on les compare aux déclaration faites par Lionel Cox au moment où il venait d’apporter à la Belgique la première et finalement la seule médaille d'argent obtenue par notre pays en 2012.

    Pour Thierry Zintz " une vision, une définition de missions et d’objectifs crédibles, un plan financier auquel adosser la stratégie et une perspective pluriannuelle sont les ingrédients de base d’une politique sportive susceptible de nous apporter les satisfactions souhaitées." C'est " la réunion ... des talents sportifs, des meilleurs entraîneurs, des scientifiques les plus performants et de dirigeants formés et visionnaires [qui] nous fera progresser. " C'est pourquoi " Nos ministres doivent s’entourer d’experts en préparation sportive, en physiologie et psychologie de l’effort, en technologie, en management. Ils existent dans notre pays et ne demandent qu’à être sollicités."

    Au delà de cet offre de service à peine voilée, Zintz tient pour quantité négligeable ce que Cox tient pour essentiel dans son interview à la presse après sa performance : " On fait comme on peut… Je ne pratique pas ce sport pour l’argent – il me coûte bien plus qu’il ne me rapporte – mais bien pour la passion !" Car la passion est peut-être aussi " efficace " que la physiologie et la psychologie de l’effort pour aider à progresser. " je fais partie d’un petit club, à Amay, d’une centaine de membres à peine et parfois, notre sport est décrié et critiqué. " Car l'amitié et la solidarité d'autres passionnés qui font bloc pour le projet qu'ils partagent peuvent dynamiser autant que l'apport des experts en technologie et en management. En résumé, "On fait ce pour quoi on est doué.Je pense que cette médaille va donner de l'espoir à beaucoup de jeunes. Si les gens se disent qu’ils peuvent arriver aux JO en suivant mon exemple et que finalement, le tir c’est un beau sport, tant mieux !"

    Si je l'ai fait, tout le monde peut le faire ". Cette affirmation du champion a servi de titre à bien des articles consacrés à la médaille d'argent de Cox. Basée sur l'expérience qu'il a vécue, elle interroge l'analyse du professeur ZINTZ et nuance le diagnostic de Pierre-Olivier Beckers, qui déclarait dans son premier bilan des jeux de LondresLe challenge, ce n’est pas le talent. Il existe dans notre pays. Les jeunes ont un potentiel extraordinaire. Le challenge, ce sont les moyens financiers. " Pour ce président du Comité Olympique et Interfédéral belge, "  Sans cela, il est impossible de faire de meilleurs résultats et de décrocher plus de médailles ".

    Si c'est sur le conseil des instances sportives COIB, Adeps et Fédération, que Lionel Cox a décidé d’abandonner le tir à 300 m pour une discipline olympique ; si la Communauté française intervient bien dans ses frais et si c'est le COIB qui, tenant compte de sa progression constante depuis plus d'un an, l'a repêché pour participer au jeu de Londres, c'est avant tout Lionel Cox qui pratique son sport en amateur, qui prend le train matin et soir pour se rendre à son travail, qui affûte sa condition avec la course à pied surtout, en s'entraînant entre 5 et 10 heures par semaine en hiver,- ce qui n’est rien du tout par rapport aux pros - et qui remercie son employeur de l'avoir dispensé de service durant 30 jours pour lui permettre de participer aux J.O.

    Même si Thierry Zintz est professeur et membre du Research Institute of the Louvain School of Management de l'Université catholique de Louvain et titulaire de la Chaire olympique en management des organisations sportives à Faculté des sciences de la motricité de la même université, il faut plaider pour que l'analyse de Lionel Cox soit elle-aussi entendue par nos ministres.

    Car pendant que le professeur parle de médaille, l'amateur en gagne une sans faire de bruit... Dans la vie réelle, la passion reste le moteur premier des vivants. L'intelligence vient seulement pour réaliser ce que le cœur a décidé.

     

     

     

  • Au delà de la qualification de la France...

    La Fifa a confirmé ce vendredi matin que le match de football France-Eire, marqué par une main de Thierry Henry, ne pourrait pas être rejoué, conformément aux lois du jeu. La Fédération française de football (FFF) a indiqué vendredi à l'AFP avoir "pris acte" de la décision de la Fifa de ne pas faire rejouer France-Eire, entaché par une main de Thierry Henry. La FFF a aussi indiqué qu'elle ne souhaitait "pas apporter de commentaire".Voilà ce que nous apprend la DH du jour et ce qui excite mon vieil ami arbitre.

     

    Il s’émerveille en effet,  devant les fameuses lois du jeu et particulièrement la Loi 12 traitant des fautes et des incorrections.  Les fautes de jeu m’explique-t-il, sont  imputables à l’imprudence, la témérité ou l’excès d’engagement du joueur tandis que les incorrections vise les atteintes à l’esprit du jeu : tenir un adversaire, cracher sur lui et toucher délibérément le ballon de la main (excepté si l’on est gardien de but dans sa propre surface de réparation).

     

    Toucher délibérément le ballon de la main, c’est s’exclame-t-il, la négation même du foot : c’est pour cela que ce comportement est susceptible des « Sanctions disciplinaires » prévues par la même Loi 12 : "Dans certaines circonstances, un joueur touchant délibérément le ballon de la main doit recevoir un avertissement pour comportement antisportif s’il :

    • touche délibérément et ostensiblement le ballon de la main pour empêcher un adversaire d’en prendre possession ;

    • tente de marquer un but en touchant délibérément le ballon de la main.

    Un joueur sera toutefois exclu du terrain de jeu s’il empêche l’équipe adverse de marquer ou s’il annihile une occasion de but manifeste en touchant délibérément le ballon de la main".Et voici la justification de cette exclusion : "La sanction n’est pas dictée par le fait que le joueur a délibérément fait une main mais qu’il a empêché l’équipe adverse de marquer un but par son intervention inacceptable et déloyale. » C’est d’ailleurs la seule et unique fois que le mot déloyal apparaît dans les lois du jeu du football!"

     

    Et je me dis soudain qu’au fond, l'histoire de ce match n’est qu’un indicateur, un révélateur de nos vivre-ensembles quotidiens où quels que soient les moyens, l’essentiel est de gagner : travail en noir, copies aux examens, fraudes fiscales et sociales, stratégies procédurales dilatoires ne constituent-ils pas autant de « mains » inacceptables et déloyales dans nos combats d’humanité ?