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  • Bœuf au cheval ou chocolat à l'huile de palme ? Non, l'argent, rien que l'argent...

     "Il faut savoir que tuer un cheval impropre à la consommation coûtera une centaine d'euros à l'éleveur. Le revendre à un abattoir rapporte entre 600 et 800 euros" ! Voilà ce qu'indique un connaisseur du milieu équestre au magazine Moustique dont la RTBF reprend hier soir les résultats de l'enquête.

     Jeudi dernier, l'avenir.net nous apprenait que le gérant d'un café soufflé par une explosion à la fin de la nuit, avait été intercepté par la police et qu'il avait finalement reconnu avoir mis le feu à son café. Selon la même source, "avec l'aide de complices, il aurait tenté de mettre sur pied une escroquerie à l'assurance".

     Et mercredi dernier, c'est lanouvellegazette.be qui attirait l'attention sur une étudiante liégeoise et deux de ses amies qui répondaient ce jour-là devant le tribunal correctionnel de Liège de différents faits de vols. L'étudiante avait obtenu un job de caissière dans un grand magasin de la région et elle "oubliait" de scanner certains des objets que ses amies emportaient après avoir payé seulement ceux qui avaient été enregistrés. Elles étaient finalement arrivées à sortir du magasin des biens pour une valeur totale de 32.000 euros …

     Ainsi, petit à petit, en devenant le moteur de nos existences, l'argent interroge le projet d'une civilisation qui avait fait de l'avènement de l'homme, la racine de son développement.

     Ce qui se passe actuellement à propos de la viande de cheval présente dans la viande de bœuf procède, à une autre échelle, de la même dynamique. Après Findus, voici Picard, Coop, Nestlé, Lidl et bien d'autres qui, par soucis du consommateur disent-ils, retirent de la vente la plupart des produits de ce type.

     Et ce ne sont pas les grands cris que poussent les autorités européennes face aux produits frauduleusement étiquetés qui doivent nous rassurer sans autre forme de procès. On doit toujours se rappeler en effet la "Directive 2000/36/CE du Parlement européen et du Conseil, du 23 juin 2000, relative aux produits de cacao et de chocolat destinés à l'alimentation humaine".

     C'est le fameux document qui ouvre la possibilité d'utiliser dans certaines limites, des matières grasses végétales autres que le beurre de cacao, -notamment l'huile de palme- pour fabriquer des produits dont la dénomination légale restera "chocolat"ou "cacao" ! Il suffit pour cela que l’étiquetage des produits ainsi obtenus présente la mention «contient des matières grasses végétales en plus du beurre de cacao» !

     Si la logique de l'argent continue à organiser le monde, il ne faut pas exclure qu'un jour on nous offre des lasagnes avec la mention " contient du cheval en plus de la viande de bœuf"! C'est désormais l'étiquette qui fera le produit!

     Car, comme nous le rappelle Jean-Claude Guillebaud à la page 44 du livre qu'il a publié en 2011 aux Éditions des Arènes sous le titre "La Vie Vivante", "quand le signe tend à l'emporter sur la réalité, quand un reflet simplifié, mesurable et traçable entre en compétition avec l'ancienne complexité de la matière, tout ce qui «se compte» tend à prévaloir sur «ce qui compte»".