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  • Le temps des fils

     

    Depuis le départ des Verts, deux jeunes présidents, Benoît Lutgen pour le CDH et Bruno Tobback pour le SP.A. ont fait leur entrée à la table des négociations pour la formation d'un gouvernement. Ils y retrouvent Alexander De Croo et Charles Michel, respectivement président de l'Open VLD et du MR.

     Charles fils de Louis Michel, Alexander fils d'Herman De Croo, Benoît fils de Guy Lutgen, Bruno fils de Louis Tobback : voici le temps des fils ! Il suffirait qu'Alain Mathot et Tom Dehaene montent en ligne pour que les familles se retrouvent au complet à la tête de l’État.

     On voit ainsi s'installer progressivement une sorte d’hérédité naturelle du pouvoir au bénéfice des individus dominant les partis. Et les partis qui étaient nés avec les démocraties pour les dynamiser et les défendre deviennent progressivement des "  machines à gagner les élections " contribuant d'abord à perpétuer les dynasties naissantes.

     Les outils de l'appareil démocratique que sont les élections sont utilisés autant pour entériner les hiérarchies issues des batailles au sein des partis pour la constitution des listes électorales que pour permettre aux citoyens de choisir le destin collectif qu'ils soutiennent pour l'avenir.

     Il reste décidément encore bien du chemin avant de voir advenir l'humanité qui reconnaitra la dignité fondamentale de tous dans la fragilité de la vie de chacun.

     

     

     

  • N-VA responsable, CD&V coupable

      Ne faut-il pas trouver un peu mal fondé le procès fait par beaucoup au non que la N-VA incarnée en Bart De Wever, a opposé aux propositions qu' Elio Di Rupo avait avancées pour servir de base à une négociation devant conduire à la formation du gouvernement que le pays attend depuis les élections législatives de juin 2010 ? On peut même penser qu'en un sens, la N-VA est politiquement correcte quand elle traduit en actes les objectifs que lui fixent ses statuts.

    L'éditorial de Béatrice Delvaux sur le site du Soir d'aujourd'hui aurait sans-doute lui aussi pu moins s'en prendre directement au président du parti flamand et développer la condamnation de l’attitude politiquement hypocrite -ma grand-mère aurait dit malhonnête- du CD&V. Le coupable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui c'est bien comme Delvaux l'écrit " cet autre parti, qui a fait hier la démonstration de sa petitesse et d’une forme de lâcheté. Le CD&V hier a touché le fond de la responsabilité politique et de la raison d’État. "

    Le communiqué de Wouter BEKE dont le texte est suffisamment bref pour être reproduit en note, est un modèle d'habileté communicationnelle perverse. Le CD&V s'affirme comme parti de dialogue mais camoufle son incapacité à décider sans connaitre la position de la N-VA en se réfugiant derrière la responsabilité confiée au PS et à la N-VA par les électeurs et derrière le souhait du formateur de voir tous les partis démocratiques s’inscrire dans la discussion de sa note.

    Ce faisant, il démontre à suffisance le désarroi qui s'est emparé de ce qui finit par apparaitre de moins en moins comme constituant encore le parti politique qui a fait l'histoire de la Belgique et de la Flandre au 20ième siècle. Parce que comme c'est le cas de la N-VA, un parti politique doit savoir penser, oser et faire. Le CD&V lui, semble de plus en plus ne pouvoir que douter , redouter et tergiverser. Parce qu'il n'arrive pas à définir la loyauté qui le fonde. La N-VA a choisi d’être loyale au destin de la Flandre, la tête du CD&V voudrait pouvoir encore faire semblant de servir la Belgique en préservant l'hégémonie de la Flandre.

     Désormais, au plan institutionnel il n'y a plus de différence entre le Vlaams Belang et la N-VA, ce qui risque d’assombrir encore le ciel au dessus de Wouter BEKE et de ses amis. Quand, comme il l'a fait hier soir sur Terzake, Wouter Beke déclare "Si la N-VA ne veut pas s'asseoir à la table, nous serons livrés au parti d'Olivier Maingain" il reconnait que c 'est dans les mains de la N-VA que se trouve emprisonnée la capacité du CD&V de peser sur la vie politique du Nord de ce pays.

     P.S. Comme promis, je reproduis ci-dessous, le texte qu'on pouvait lire hier soir sur le site du parti ; la même adresse consultée aujourd'hui est inacessible, faute de droit d'accès suffisants. Le texte qui le remplace aujourd'hui en reprend néanmoins plusieurs éléments. Et le camouflage s'est amélioré en avançant d'une part, l’impossibilité d'obtenir les nécessaires 2/3 sans la N-VA ou le MR-FDF et d'autre part, la faute du formateur qui a présenté sa note sans la soumettre préalablement à la N-VA et qui est sorti du cadre élaboré par le président Beke pour BHV. Ces changements témoignent sans doute eux-aussi, du malaise qui règne au sein des instances du CD&V et de  sa difficulté à définir une vision qui lui est propre. Le titre de son nouveau communiqué est d'ailleurs fort explicite à ce propos :  "Négocier , Oui, mais avec la N-VA:" Peux-t-on mieux dire qu'on ne sait rien faire sans l'aval de la N-VA ?

    CD&V is de partij van de dialoog. Het is onze overtuiging dat een communautair akkoord enkel mogelijk is via onderhandelingen.

    Tegelijk is het onze overtuiging dat een communautair akkoord en een federaal regeerakkoord tot stand moeten komen op de as van PS en N-VA, de twee partijen die van de kiezer de verantwoordelijkheid kregen om tot oplossingen te komen.

    De aanwezigheid van de N-VA is dus een noodzakelijke voorwaarde, zoals ook formateur Di Rupo uitdrukkelijk heeft gesteld.

    Indien die niet vervuld is, is het aan PS en N-VA om de voorwaarden te creëren die onderhandelingen mogelijk maken.

    Wouter BEKE

    Voorzitter CD&V

     

  • Et les Tocquevilles d'aujourd'hui ?

     

    Nous considérons tous comme le plus grand mal et le plus grand péril de la situation présente l'indifférence profonde dans laquelle tombe le pays, indifférence croissante qui se manifeste par les symptômes les plus redoutables. Il y a beaucoup de causes à ce mal ; mais assurément l'une des principales est la croyance chaque jour plus profondément enracinée dans la masse que la vie politique n'est plus qu'une partie où chacun ne cherche qu'à gagner ; que la politique n'a de sérieux que les ambitions personnelles dont elle est le moyen ; qu'il y a une sorte de duperie et presque de bêtise et de honte à se passionner pour un jeu sans réalité et pour des chefs politiques qui ne sont que des acteurs, qui ne s'intéressent même plus au succès de la pièce, mais seulement à celui de leur rôle particulier. "

    Ces lignes -d'une langue exquise si on l'aime ou maniérée si on ne l'aime pas- sont d'Alexis de Tocqueville. Il les a écrites le 14 décembre 1846 dans la lettre qu'il adresse à son ami Gustave de Beaumont et elles sont reprises à la page 577 de " TOCQUEVILLE Lettres choisies, Souvenirs " édité chez Gallimard en 2003 par Françoise Mélonio et Laurence Guellec.

    On pourrait se contenter de s'émerveiller en soulignant à nouveau la perspicacité de Tocqueville quand il tente de cerner les risques qui accompagnent les hommes dans la mise en œuvre du projet démocratique. Mais ne faut-il pas faire un pas de plus en se demandant ce que nous pourrions faire pour que les Tocqueville d’aujourd’hui ne doivent pas attendre 150 ans avant qu'on reconnaisse la justesse de leurs analyses et le bien fondé de leurs propositions ?

  • La crise ... ou la bêtise?

     

    "Rarement événement politique aura donné avec autant de précision et de visibilité l'affligeant et éternel spectacle des luttes carnassières où la prise de pouvoir, les egos et les meurtres symboliques sont les enjeux prioritaires ... sous couvert de respectable morale démocratique. ... Spectacle affligeant comme aussi celui de la fidélité intéressée des sherpas attendant les miettes du repas. ... mauvais jeu - dont on ne s'étonnera pas plus tard qu'il ait encore un peu nourri, si faire se peut, la crise du politique et son divorce d'avec le citoyen ... La crise est majeure et appelle réflexion profonde."

    Bien que de grande actualité, ces lignes ne sont pas d'aujourd'hui ! On peut les lire dans Le Soir du 10 avril 1996 sous la plume de Robert BURY. Et j'en viens à me demander si pour comprendre que si peu de choses changent, une voie ne nous est pas offerte par le texte figurant en 4ième de couverture de « La Bêtise » d'André Glucksmann, chez Grasset en 1985 :

    "Quiconque réduit la bêtise à une simple faiblesse d'esprit la sous-estime ; active, jalouse, conquérante, elle classe, ordonne, exclut ; elle change d'avis, mais jamais n'avoue se tromper ; elle promet divers avenirs radieux et se propulse moteur dans l'histoire. Elle devient la chose du monde la mieux partagée, ses faveurs n'épargnent personne ; cueillie sur un écran de télé, affleurant chez Bouvard automobiliste ou Pécuchet diplômé, elle prend le pouvoir chez les puissants de ce monde. Derrière les grandes idéologies, aujourd'hui en déroute, elle assure la stabilité des guerres mondiales et dans tous les camps la floraison de l'esprit de parti."

    Qui ouvrira la route des partis sans carte de membre pour ouvrir la porte à la parole libérée ? Pour que tous ceux qui décident d'inventer des espaces où devenir ensemble artisan d'un destin partagé, reprennent goût à vivre ensemble !

  • Levons les derniers doutes

    Nous parlions hier de l’emprise des appareils sur les existences personnelles à partir des derniers soubresauts liés à la présidence du cdH. On peut sans doute en trouver une nouvelle confirmation dans les précisions apportées par la présidente actuellement en fonction dans l’entretien qu’elle accorde ce mercredi à la Libre.

     

    Certes, "il y aura une élection claire …  L’appel à candidature est réel. Il est publié dans notre organisme officiel, “L’Oranger” et sur le site du CDH. Bien sûr, il faut être membre du CDH… Mais les jeux sont ouverts. In fine, ce sont les membres qui décideront."

     

    Mais "depuis une longue période déjà, un consensus s’était constitué autour de la personne de Benoît Lutgen pour reprendre la présidence du CDH…. C’était évidemment et mon choix et mon scénario."

     

    Quand il y a un "candidat présumé, pressenti, souhaité" faut-il continuer à accepter l’illusion qu‘une "élection interne au suffrage universel des membres" garantit le fonctionnement démocratique d’une organisation ?