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titan

  • Taylor -Montebourg : la question s'éclaire !

     

    Les propos contenus dans la lettre adressée par Maurice M. Taylor Jr, PDG du groupe Titan international, à Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif en France ne laisse pratiquement personne indifférent. Le Nouvel Observateur en ligne reléve par exemple dans sa mise à jours de ce jeudi après-midi que Laurence Parisot, trouve cette lettre "choquante" et "inacceptable", que Valérie Pécresse, la juge "brutale, caricaturale" tandis qu'elle apparait "insultante, violente, arrogante" aux yeux de François Bayrou et " pour le moins surprenante, agressive et discourtoise" à ceux de Najat Vallaud-Belkacem.

    Le texte de cette lettre, heureusement mis à la disposition de tous par LesEchos.fr, comporte pourtant un passage qui à ma connaissance a peu retenu l'attention dans les commentaires. " Titan est celui qui détient l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Que détient le syndicat? " Voila me semble-t-il, ce à partir de quoi s'organise et se fonde le raisonnement du PDG américain. Car, lorsqu’on l'interroge le lendemain sur la portée réelle de son attitude, il y revient plus concrètement encore : c'est "une lettre qui n'est pas une lettre toute rose, [ce]n'est pas une lettre à ma petite amie, on parle d'affaires. Nous sommes ceux qui avons le carnet de chèques et vous nous dites que nous devons d'abord rencontrer les syndicats ? [...]. Vous êtes dingues ..."

    Dans le monde organisé par la logique de l'argent dont nous parlions hier, Taylor a parfaitement raison: il faudrait être vraiment fou pour ne pas"acheter un fabricant de pneus chinois ou indien [et] payer moins de 1 euro l'heure de salaire comme il serait sans doute vraiment fou pour Arcelor d'accepter de vendre les outils qi'il a décidé de fermer pour réduire les quantités présentes sur le marché.

    Le problème, c'est que dans ce monde-là, on ne vit pas, Monsieur, on compte ... on compte même sans compter. En essayant d'oublier que tous les calculs débouchent toujours sur l'égalité parfaite que la mort établit entre ceux qui avaient les chèques et les dingues qui voulaient discuter.

    Pourtant, cette égalité devrait nous aider à considérer que l'interrogation majeure à laquelle hommes et peuples d'aujourd'hui sont confrontés se situe au niveau de la logique qui servira de base au monde des hommes de demain.