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Vie

  • Syrie,Irak,Gaza,Pakistan, Nigeria : " qui es-tu, homme ? Qu'est-ce que tu es devenu ?

     " En Syrie, 270 morts dans les combats qui ont permis à l’État islamique de prendre un champ gazier à Homs "; " Irak: au moins 12 morts dans quatre attentats à la voiture piégée à Bagdad "; "Guerre à Gaza : au moins 47 Palestiniens sont morts samedi, les combats s'intensifient "; " Pakistan: 11 morts dans une attaque de drone américain dans le nord-ouest "; " Boko Haram tue au moins 100 personnes dans le Nord-Est du Nigeria ".

    Ces cinq titres d'articles repris parmi tous ceux qui sont parus ce samedi 19 juillet sur la toile, me remettent en mémoire l'émouvante méditation du pape lors de son pèlerinage en Terre Sainte en mai dernier. C’était au cours de sa visite au mémorial de Yad Vashem érigé en souvenir de l’extermination de six millions de juifs dans les camps nazis.

    Reprenant à la Genèse le cri de Dieu à la recherche de l'homme qui se cache après son expérience du mal ‘‘Adam, où es-tu ?’’il le fit résonner en face de la tragédie incommensurable de l’Holocauste :

    Homme, qui es-tu ? Je ne te reconnais plus.

    Qui es-tu, homme ? Qu’est-ce que tu es devenu ?

    De quelle horreur as-tu été capable ?

    Qu’est-ce qui t’a fait tomber si bas ?

     

    Ce n’est pas la poussière du sol, dont tu es issu.

    La poussière du sol est une chose bonne,

    œuvre de mes mains.

    Ce n’est pas l’haleine de vie que j’ai insufflée dans tes narines.

    Ce souffle vient de moi,

    c’est une chose très bonne (cf. Gn 2, 7).

     

    Non, cet abîme ne peut pas être seulement ton œuvre, l’œuvre de tes mains, de ton cœur…

    Qui t’a corrompu ? Qui t’a défiguré ?

    Qui t’a inoculé la présomption de t’accaparer le bien et le mal ?

    Qui t’a convaincu que tu étais dieu ?

    Non seulement tu as torturé et tué tes frères,

    mais encore tu les as offerts en sacrifice à toi-même, parce que tu t’es érigé en dieu.

    Oui, il y a là un chemin à parcourir. Une vérité concrète à accepter. Un prix à payer pour sortir des contradictions qui nous étouffent progressivement. Oui, que ce soit en Syrie,en Irak, à Gaza, au Pakistan ou au Nigéria si nous tuons, c'est parce que nous sommes convaincus d'être les bons, d'être au service du bien. Et celui qui est tué ne pouvait que vouloir le mal, il incarnait nécessairement l'injustice dans toute son horreur. Oui, si nous torturons et tuons des frères, c'est au nom de la Justice et du Droit que nous incarnons.

    Voilà l'erreur. Nous ne sommes que des hommes. Mais nous sommes aussi, tous, les mêmes hommes ...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Vieux pape et nouvel Âge ?

     

    "Notre génération se révèlera à la hauteur de la promesse qui est en chaque jeune

    - quand elle saura lui offrir un espace et lui assurer les conditions matérielles et spirituelles nécessaires à son épanouissement

    - quand elle saura lui donner de solides fondements sur lesquels il puisse construire sa vie et lui garantir la sécurité et l’éducation afin qu’il devienne ce qu’il peut être

    - quand elle saura lui transmettre des valeurs enracinées pour lesquelles il vaille la peine de vivre et lui assurer un horizon transcendant pour apaiser sa soif de bonheur authentique et sa créativité dans le bien

    - et quand elle saura lui confier en héritage un monde qui corresponde à la mesure de la vie humaine et réveiller en lui les meilleures potentialités pour être protagoniste de son lendemain et coresponsable du destin de tous."

    Ce texte me paraît riche d'hominescence. En célébrant la promesse qui habite chaque jeune, il esquisse ce que pourrait être un accueil des nouvelles générations digne de ce que notre propre vie et celle des générations passées nous ont appris. Car c'est bien le monde que nous rendons vrai par nos choix quotidiens qui ouvre ou ferme l'horizon des possibles pour les hommes et le femmes de demain.

    Mais pour penser ainsi, il faut suivre le pape François, qui a tenu ce discours à son arrivée à Rio de Janeiro ce lundi soir lors de la cérémonie de bienvenue pour les JMJ. " La jeunesse est la fenêtre à travers laquelle l’avenir entre dans le monde." Autre jalon d'hominescence proposé par le même ce soir-là.

  • Au pays de l'oncle Sam, il n'y a pas d'âge pour tuer … ni pour être tué !

     

    À la mi-janvier la NRA, lobby américain des armes, proposait une application sur iPhone pour s'entraîner au tir. Suivant AFP reprise par le Figaro.fr, l'application nommée "NRA: Practice Range" (NRA: Pour s'entraîner au tir), était disponible gratuitement dans la boutique iTunes et décrite comme accessible pour dès "4 ans et plus".

    Bien qu'on porta rapidement cette limite à "12 ans et plus" en raison du tollé qui suivit la tuerie de Newtown où 26 personnes dont 20 enfants furent abattues dans leur école, il semble bien que la NRA avait vu juste : il n'est pas rare qu'on tire et qu'on tue aux USA dès l'âge de 4 ans.

    Samedi dernier, la communauté de Toms River,NJ, célébrait les funérailles de Brandon Holt, garçon de 6 ans qui jouait lundi dernier avec son petit voisin âgé de 4 ans. Une seule balle de 22 long rifle tirée par celui-ci a suffi pour provoquer l'horrible accident : Brandon atteint à la tête est mort le lendemain à l’hôpital.

    Et deux jours avant ce drame, on avait appris que le neveu de Daniel Fanning, shérif adjoint de Lebanon (Tennessee), s'était emparé d'un pistolet de la collection de son oncle et avait tiré sur sa tante, Josephine Fanning, qui s’est écroulée, tuée sur le coup. Là aussi, le tireur était âgé de 4 ans.

    Combien faudra-t-il encore de victimes innocentes pour que le droit de posséder (et de vendre) des armes – proclamé condition d'existence d'une "milice bien organisée nécessaire à la sécurité d'un État libre" – accepte d'être enfin interrogé par le droit à la vie en sécurité pour chacun sur lequel repose la Déclaration universelle des droits de l'homme ?

     

     

     

  • Jérôme Cahuzac et Fernande Broca

     

    Fernande Broca retraitée de 76 ans, a été retrouvée morte jeudi dernier dans son appartement à Toulouse. Selon la police, "le relevé de la boîte aux lettres et les autres éléments recueillis sur place indiquent que la vieille dame aurait rendu son dernier souffle dix-huit mois plus tôt, peut-être même trois ans." Tels sont rapidement résumés, les faits de société rapportés notamment dans ladepeche.fr et dans liberation.fr.

    Face au mensonge de Jérôme Cahuzac, la mort de Fernande Broca a manifestement bien peu pesé dans l'orchestration médiatique de la vie quotidienne en France. Pourtant, cette mort, plus peut-être encore que la faute d'un ministre, met devant nos yeux une logique nouvelle désormais nécessaire pour expliciter la vie dans notre société.

    En effet, si c'est bien un squelette qu'on a trouvé en entrant dans son appartement, Madame Broca était toujours bien vivante dans les rouages de la machine à exister que nous avons progressivement mise en place.

    Si l'agence de location qui cherchait à entrer en contact avec elle - peut-on penser qu'il devenait temps d'adapter le montant de son loyer ? - n'avait pas alerté la police, les revenus de la vielle dame continueraient d'arriver par virement sur son compte, "sur lequel étaient prélevées automatiquement ses factures" suivant liberation.fr. Et le voisin qui trouvait l'immeuble très calme continuerait à penser "qu'elle était partie" en voyant s'accumuler les avis de passage de relevé d'électricité, comme il l'a déclaré à ladepeche.fr.

    Bien plus qu'un drame de la solitude, la mort de Madame Broca signe donc l'avènement d'un monde où l'argent devient "la Voie, la Vérité et la Vie" et où l'humanisme s'efface progressivement devant les exigences imposées par les apôtres convertis au nouveau Maitre. L'ouverture sur des possibles que permettait la confrontation des idéalismes en quête d'humanité fait place progressivement à l'enfermement dans des nécessaires engendrés par la soumission consensuelle au réalisme en quête d’efficacité et de rentabilité. L'affaire Cahuzac n'est qu'une illustration de ce que Fernande Broca nous a appris ...

     

     

     

  • Anti-méthode pour vivre

     

    Ce sous-titre du livre que Fabrice Hadjadj a fait paraitre aux Presses de la Renaissance en 2005 sous le titre " Réussir sa mort " réveille en moi comme un appel ... Surtout quand je lis en quatrième de couverture " une société qui fuit devant la mort ne peut que fabriquer une culture de mort, tandis qu'une société qui l'accueille engendre une culture de vie. Entre une liquidation technique et une vie offerte, il nous faut choisir. Il n'y a pas d'autre alternative : se donner la mort ou bien donner sa vie".

     J'avais fais la même expérience au printemps 2009 où après un long silence, j'écrivais "   avant de mourir, il est bon de penser que l'histoire du monde, même présentée en habits taillés avec la rigueur des exigences scientifiques, n'est pas une fatalité. Que l'ère de la nécessité qui a soutenu les formidables avancées qui nous précèdent peut ouvrir l'ère des possibles. Non que tout soit possible mais que rien n'est définitivement inéluctable. " 

     A nouveau, - l'esprit de Pâques aurait-il soufflé aussi jusqu'à moi ? - je veux revenir une deuxième fois. Pour, comme je le disais en 2009, "prendre ma part, si minime soit-elle, aux possibles qui s'élaborent au delà des jours qui passent et des hommes qui trépassent".